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Flávio Bolsonaro aux États-Unis malgré l'interdiction de quitter le Brésil : sa lettre (traduite)
Candidat battu à la présidentielle au Brésil, Flávio Bolsonaro revendique depuis Miami, dans une lettre, la direction du pays. Selon une consultation du registre de la CBP, il est entré aux États-Unis avec un passeport diplomatique annulé.
Par Marcel
Traduit automatiquement de l’allemand · peut contenir des erreurs · Lire l’original

En bref
Battu à l'élection présidentielle, Flávio Bolsonaro s'est rendu aux États-Unis malgré une interdiction judiciaire de quitter le territoire. Dans une lettre, il s'est proclamé « véritable président élu », avant de modifier la formulation peu après. Il ne fournit aucune preuve de la fraude électorale qu'il allègue.
L'essentiel
- Départ malgré la confiscation des passeports et l'interdiction de sortieLe juge Moraes avait ordonné la remise des passeports ; Bolsonaro a quitté le pays avec un passeport italien via l'Argentine et a atterri près de Miami.
- Entrée avec un passeport diplomatique annuléSelon une consultation de la CBP rapportée par g1 et CNN Brasil, il est entré aux États-Unis avec le passeport diplomatique déjà annulé.
- Deux versions de la lettreLa première version le désignait comme « le véritable président élu » ; dans la version modifiée, il s'adresse au peuple « en tant que dirigeant du Brésil ».
- Le résultat officiel confirme la victoire de LulaSelon le résultat final du TSE, Lula l'a emporté avec 4 430 191 voix d'avance ; après 17 h, seuls quelque 34 000 votes ont été enregistrés, selon le TSE.
- Une partie de son camp reconnaît la victoireLe président du PL Valdemar Costa Neto, le gouverneur Tarcísio de Freitas et Rogério Marinho, entre autres, ont reconnu la victoire de Lula.
Le candidat battu à l'élection présidentielle au Brésil, Flávio Bolsonaro, s'est rendu aux États-Unis malgré une interdiction judiciaire de quitter le territoire. Le sénateur du Parti libéral (PL, droite) a atterri mercredi 28 octobre près de Miami, en Floride, avec son épouse et ses deux filles. Le même jour, dans une lettre, il s'est proclamé « véritable président élu du Brésil », avant d'atténuer cette formulation peu après.
Le Tribunal supérieur électoral (TSE) avait déclaré le président Luiz Inácio Lula da Silva vainqueur du second tour du 25 octobre. Dans sa lettre, Bolsonaro ne fournit aucune preuve de la fraude électorale qu'il invoque.
Départ malgré l'interdiction et l'annulation des passeports
Le juge Alexandre de Moraes, de la Cour suprême (STF), avait ordonné dans la nuit du scrutin que Bolsonaro remette ses passeports et ne quitte pas le pays. Dans sa demande, la police fédérale avait invoqué un risque de fuite « concret et actuel ». Selon l'état actuel des informations, aucun mandat d'arrêt n'a été émis contre Bolsonaro.
À l'origine de cette mesure, une enquête pour blanchiment d'argent liée à des paris et à un avocat. Une autre procédure porte sur le financement du film « Dark Horse ». Bolsonaro et l'avocat nient être associés en affaires et rejettent toute irrégularité.
Le lundi 26 octobre, Bolsonaro avait encore déclaré publiquement qu'il n'avait jamais songé à quitter le pays et qu'il remettrait ses passeports. Il ne l'a pas fait. Le mardi 27 octobre, la police fédérale a fait annuler, sur ordre de Moraes, son passeport ordinaire et son passeport diplomatique.
Bolsonaro a quitté le Brésil par voie terrestre vers l'Argentine, en utilisant un passeport italien qui lui avait été délivré en 2023. De là, il aurait pris un jet privé, selon les autorités argentines et les données de vol, de Puerto Iguazú à l'Executive Airport d'Opa-locka, près de Miami, via Guayaquil en Équateur, où il a atterri mercredi matin.
Il est entré aux États-Unis avec le passeport diplomatique déjà annulé, selon une consultation du système de l'agence américaine des douanes et de la protection des frontières (CBP), ont rapporté le portail g1 et CNN Brasil. Son arrivée à Miami le 28 octobre y serait enregistrée sous le numéro de passeport DC003744.
Le département d'État américain a annoncé des visas pour Bolsonaro et sa famille. Le président américain Donald Trump a déclaré devant des journalistes qu'il approuverait son entrée : « It would be okay with me » ; le type de visa concerné n'était pas clair dans un premier temps. Une demande d'asile n'est pour l'instant pas confirmée. Le mandat de Bolsonaro au Sénat court encore jusqu'à fin janvier.
D'abord « président élu », puis « chef »
La première version de la « Lettre à la nation brésilienne », longue de trois pages, a été diffusée par des alliés, dont le journaliste Paulo Figueiredo. Bolsonaro s'y présentait comme « le véritable président élu du Brésil ». Les armoiries de l'en-tête comportaient une faute d'orthographe : « Estados Unidos do Brazil », avec un Z.
Peu après, Bolsonaro a publié sur la plateforme X une version modifiée, avec des armoiries corrigées. Il s'y adresse au peuple et à la communauté internationale « en tant que chef du Brésil ». Sur le plan juridique, aucune des deux versions ne change quoi que ce soit au résultat électoral établi.
X @FlavioBolsonaro
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Dans ce courrier, Bolsonaro reproche à l'ancien avocat de Lula une action « illégitime et illégale » et critique une décision de la Cour suprême qui aurait prolongé le vote à la dernière minute. Il parle d'une « chasse aux sorcières » à motivation politique dirigée contre lui et s'attend à un bracelet électronique, à une assignation à résidence et à une condamnation politique. Ces mesures relèvent de son propre pronostic ; aucune décision en ce sens n'existe.
Résultat officiel : 4,4 millions de voix d'avance
Selon les résultats définitifs du TSE, Lula a obtenu au second tour 64 256 232 voix (51,79 %), Bolsonaro 59 826 041 (48,21 %). L'écart est de 4 430 191 voix, soit environ le double de 2022, lorsque Lula l'avait emporté face à Jair Bolsonaro, le père de Flávio Bolsonaro, avec quelque 2,1 millions de voix d'avance.
Les plus de dix millions de voix supplémentaires pour Lula évoquées dans la lettre existent bel et bien : entre les deux tours, Lula a gagné 10 376 694 voix, Bolsonaro 3 721 538. Au premier tour, Bolsonaro, avec 47,03 %, était encore devant Lula, à 45,16 %. Les autres candidats avaient alors recueilli ensemble environ 9,1 millions de voix.
Au second tour, 13,95 millions de suffrages de plus ont par ailleurs été exprimés qu'au premier, et le nombre de bulletins nuls et blancs a reculé. L'abstention est tombée à 19,21 %, soit environ 30 millions d'électeurs n'ayant pas voté. Selon une analyse du TSE, après la prolongation de l'horaire de vote, sur laquelle Bolsonaro fonde sa thèse de la fraude, seulement quelque 34 000 voix ont été enregistrées après 17 heures.
Une partie de son propre camp a reconnu la victoire de Lula, dont le président du PL Valdemar Costa Neto, le candidat à la vice-présidence Alfredo Gaspar, le gouverneur Tarcísio de Freitas et Rogério Marinho. C'est précisément à Marinho, son candidat à la présidence du Sénat, que Bolsonaro s'adresse directement dans sa lettre : les responsables politiques au Brésil n'auraient pas la liberté de parler ouvertement, c'est pourquoi il dirigera l'opposition depuis les États-Unis.
La lettre en traduction française
Voici le texte intégral de la seconde version de la lettre datée du 28 octobre 2026, publiée sur X :
« Je m'adresse au peuple brésilien et à la communauté internationale en tant que chef du Brésil.
Tout d'abord, je tiens à remercier le président Milei pour son courage, son sens de la justice et son respect du droit, ainsi que le président Trump et le merveilleux peuple américain de m'avoir accueilli. C'est une terre de libertés et de frères qui partagent les mêmes valeurs que les gens de bien de mon pays. Le président Trump est un grand défenseur de la liberté d'expression.
Dimanche soir, j'ai assisté, stupéfait, à une fraude électorale qui se déroulait sous mes yeux. L'action illégitime et illégale de l'ancien avocat de Lula a permis qu'une impossibilité mathématique devienne réalité et que Lula gagne plus de dix millions de voix entre le premier et le second tour. Une décision du STF, prise en contournant la compétence du TSE, a prolongé le vote à la dernière minute, et l'ordre n'est arrivé qu'après la fin de l'horaire légal du scrutin, alors que les urnes étaient déjà fermées. Des électeurs ont été soumis à des règles différentes. Jusqu'ici, le TSE s'est borné à défendre la prolongation, et il n'existe pas une seule réponse crédible. Et les motifs de nullité ne sont pas le seul problème. Pendant toute la campagne, il y a eu des abus de pouvoir politique et économique et l'utilisation de l'appareil d'État en faveur de la réélection. Ce sont des faits graves, expressément interdits par la loi, qui justifient l'invalidation de la candidature Lula–Alckmin.
La réponse du régime à mes objections a été rapide. Comme selon un plan élaboré à l'avance, sept minutes après cette abominable fraude électorale, le juge a mis en marche la machine de persécution politique du régime – un juge impliqué dans un énorme scandale de corruption, directement cité dans l'enquête dans le cadre de laquelle il a tenté de saisir mes passeports, et qui serait très probablement en détention si l'on n'avait pas empêché ma prise de fonctions. Récusé d'emblée et totalement partial, il ne devrait pas pouvoir ouvrir de procédure judiciaire contre moi ; sa seule participation à des actes de procédure montre l'ampleur de l'arbitraire et de l'illégalité en cours.
Ce n'était pas mon intention de quitter ma patrie, mais je sais exactement où cela mène. C'est le manuel classique de tout coup d'État. La persécution politique, qui a commencé avec mon père, l'ancien président Jair Bolsonaro, et s'est étendue à des milliers d'autres Brésiliens patriotes ordinaires et même à des citoyens américains, n'a qu'un seul but : réduire au silence tous ceux qui sont en désaccord avec le régime d'exception instauré au Brésil – avec l'aide d'une Cour suprême infiltrée par l'organisation criminelle du PT.
Que les choses soient claires : il n'y a pas de mandat d'arrêt contre moi, parce que je n'ai commis aucun crime. Ce qui existe, c'est une chasse aux sorcières à motivation politique, destinée à faire de moi un otage et un objet de chantage afin de protéger les juges corrompus de la Cour suprême d'une procédure de destitution. Voilà le scénario de la persécution : saisie du passeport, bracelet électronique, censure, assignation à résidence, procès spectacle et, enfin, condamnation politique.
Je n'y exposerai pas ma famille, et mon pays ne mérite pas de revivre cette honte internationale. Face à l'instrumentalisation politique de la justice au Brésil, j'ai emmené ma famille aux États-Unis, où nous sommes en sécurité. Je remercie une fois de plus le président Trump et le gouvernement américain de nous accueillir et de nous donner la sécurité juridique que nous n'avons plus au Brésil.
Je tiens à être clair : je n'ai pas fui le Brésil, je suis parti pour le Brésil. J'ai quitté un régime d'exception pour pouvoir être le chef que mon peuple mérite. Car réduit au silence, emprisonné et censuré, comme l'est mon père, je ne pourrais pas assumer ce leadership, et nous serions livrés au théâtre institutionnel d'une opposition castrée, contrôlée par une Cour suprême peuplée de sbires du régime.
Je ne suis pas le premier à devoir se battre pour son pays depuis l'étranger. Rui Barbosa est parti en exil parce qu'il s'opposait à l'arbitraire de Floriano Peixoto, et a continué de là-bas à défendre le droit et la liberté. Charles de Gaulle, condamné à mort par le régime de Vichy, a dirigé la France libre depuis Londres et est revenu pour libérer son pays. José Martí a organisé depuis New York la lutte pour l'indépendance de Cuba. Au Venezuela, Juan Guaidó et Edmundo González ont dû quitter le pays parce qu'ils s'étaient opposés à la dictature chaviste, et María Corina Machado a refusé, malgré la persécution, de légitimer la fraude et est devenue un symbole mondial de la résistance démocratique. Tous ont été traités en criminels par les régimes qu'ils combattaient. L'histoire leur a donné un autre nom.
Ce n'est que le début de notre combat pour la démocratie, les droits humains et la liberté au Brésil. Je veux dire non seulement à mes 60 millions d'électeurs, mais à tout le peuple brésilien, que je suis le chef et que les criminels qui ont volé l'élection au Brésil font partie d'une organisation criminelle qui a instauré une tyrannie. Vous qui avez voulu le changement – je ne vous abandonnerai pas –, je serai la voix et la direction libre de notre nation.
J'adresse un appel aux institutions brésiliennes : cette folie doit cesser. Le Brésil vit aujourd'hui un chaos d'insécurité juridique, de corruption et de persécution politique, où l'opposition a peur de parler et où la famille d'un ancien président est traitée comme un ennemi de l'État. Aucune nation ne peut vivre en paix ni prospérer ainsi. Il est encore temps de rétablir l'équilibre entre les pouvoirs de l'État et de rendre aux Brésiliens la confiance perdue.
À la communauté internationale, je demande : ne banalisez pas ce qui se passe au Brésil. Ce qui se passe aujourd'hui dans mon pays n'est pas normal et ne doit pas être traité comme tel.
Aux sénateurs, députés et gouverneurs dont j'ai soutenu l'élection, et en particulier à mon candidat à la présidence du Sénat, Rogério Marinho : je sais que vous n'avez pas aujourd'hui la liberté nécessaire pour exercer pleinement votre activité politique. C'est pourquoi je dirigerai l'opposition d'ici. Je dirai ce que vous ne pouvez pas dire là-bas et je prendrai les risques que vous ne pouvez pas prendre.
Et à toi qui m'as élu et qui rêves de changement : nous ne sommes pas vaincus, et nous ne sommes pas seuls. Ce n'est que le début de notre combat pour la démocratie, les droits humains et la liberté au Brésil. Dans les jours à venir, je m'adresserai régulièrement au peuple brésilien, et nous présenterons une stratégie pour mobiliser l'opposition et l'immense soutien populaire dont nous disposons, par tous les moyens pacifiques et légitimes, afin que Lula ne puisse pas consolider un régime dictatorial au Brésil. Je demande à chacun de rester ferme et de ne jamais renoncer.
J'ai quitté le Brésil, mais pas les Brésiliens. Ce combat n'a pas pris fin le 25 octobre. Il ne prendra fin que lorsque le Brésil sera de nouveau un pays libre. Et ce jour viendra.
Que Dieu bénisse le Brésil.
Flávio Bolsonaro »


